Objets connectés, assurance et bien-être au travail : à qui profite la donnée
Les assureurs proposent des remises de prime contre des données d’activité. Les employeurs distribuent bagues et montres comme avantage bien-être, souvent avec un défi d’équipe. Les deux modèles progressent vite, et tous deux changent quelque chose d’essentiel aux chiffres à votre poignet : ils cessent d’être seulement les vôtres. Cela mérite réflexion avant d’accepter l’appareil gratuit.
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Comment fonctionnent ces programmes
Ils prennent deux formes larges. Les dispositifs liés aux assureurs récompensent les données d’activité par des remises, des points ou des bons, et fonctionnent à grande échelle depuis des années en assurance vie et santé. Les programmes de bien-être en entreprise subventionnent l’appareil, l’enrobent d’un défi et, sur certains marchés, relient la participation à la cotisation santé. L’argument, dans les deux cas, est celui des incitations alignées : vous devenez plus sain, ils paient moins, tout le monde gagne. C’est un argument réel et pas manifestement faux. Ce n’est simplement pas tout le tableau.
Ce qui change quand la donnée a un public
Une mesure qui détermine une remise n’est plus une observation neutre : c’est un chiffre qu’on vous paie pour produire, soit exactement la condition dans laquelle les gens optimisent l’indicateur plutôt que la chose sous-jacente. Truquer un compteur de pas est trivial et bien documenté, et un programme qui récompense les pas récompense des comportements en forme de pas plutôt que la santé. Le changement plus subtil, c’est que votre donnée devient une preuve à votre sujet : un relevé incomplet et faillible, portant votre nom, détenu par une organisation dont les intérêts recoupent les vôtres sans leur être identiques. Une bague qui lit mal une nuit est une curiosité quand vous seul la voyez, et autre chose quand elle alimente un score par lequel quelqu’un vous note.
La position juridique est plus mince qu’on ne croit
Dans l’UE et au Royaume-Uni, les données de santé sont une catégorie particulière au sens du RGPD et exigent une base solide. Le candidat habituel est le consentement, mais celui-ci doit être libre, et les autorités de protection des données ont répété qu’un consentement remis à son employeur est difficilement libre compte tenu du déséquilibre de pouvoir — d’où des programmes santé pilotés par l’employeur juridiquement plus fragiles que ne le laisse croire le formulaire. Aux États-Unis, ce qui surprend le plus est que HIPAA ne couvre généralement pas les données détenues par un programme de bien-être d’employeur ou par un éditeur d’application ; d’autres règles encadrent ce que l’employeur peut faire, mais la protection générale que tout le monde suppose n’existe tout simplement pas. Ceci est une information générale, pas un conseil juridique.
Les questions à poser avant de s’inscrire
Demandez qui détient la donnée brute par opposition au score dérivé, et si les deux sont partagés avec des parties différentes. Demandez si quoi que ce soit parvient à un assureur, un courtier, un souscripteur ou un prestataire d’analytique. Demandez ce qu’il advient du dossier si vous arrêtez de participer, changez de contrat ou quittez l’entreprise — et si l’appareil reste le vôtre. Demandez si la participation est réellement facultative ou seulement tarifée, car une remise à l’adhésion est une pénalité au refus sous un nom plus aimable. Et demandez si vous pouvez obtenir l’effacement. Si ces réponses ne se trouvent pas facilement dans la documentation du programme, c’est déjà une réponse.
Où se situe une application locale d’abord
Vitra est une application de bureau qui lit votre historique Oura et le garde sur votre machine. Aucun compte ne détient vos données de santé, aucune copie côté serveur : il n’y a donc rien à remettre à un tiers, parce qu’il n’y a rien de détenu — et la fonction coach est optionnelle et délimitée pour la même raison, plutôt qu’activée par défaut. Deux réserves honnêtes, toutefois. Les données de votre bague vivent toujours dans le cloud du fabricant, puisque c’est de là que l’application les synchronise : choisir un lecteur local limite le nombre de parties supplémentaires qui en obtiennent copie, cela n’annule pas la relation avec le fabricant. Et une licence reste un achat : une adresse e-mail existe donc de notre côté, même si vos nuits, elles, n’y sont pas.
Questions fréquentes
Pedro Thomaz développe Vitra, une application de bureau qui lit les données Oura par rapport à votre propre référence plutôt qu’à une moyenne de population. Il porte une bague au quotidien depuis des années et consulte ces mêmes chiffres chaque matin — d’où vient l’essentiel de ce qui est écrit ici. Vitra n’est pas un dispositif médical et rien sur ce blog ne constitue un avis médical.
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