Vous vous réveillez, vous attrapez votre téléphone et vous lisez un chiffre avant d’avoir eu la moindre pensée sur ce que vous ressentez vraiment. À partir de cet instant le chiffre est là, et donner une réponse honnête devient beaucoup plus difficile.
La plupart des matins avec un objet connecté se ressemblent. Avant de vous étirer, avant le café, vous voyez un score. Il affiche 84, et la journée paraît faisable. Il affiche 61, et vous remarquez soudain la lourdeur dans vos jambes que vous auriez sinon ignorée.
Les psychologues appellent cela l’ancrage : le premier chiffre que vous voyez devient la référence à laquelle tout le reste est comparé. Ce n’est pas un manque de volonté et ce n’est pas quelque chose dont on sort par décision. Cela se produit avant même que vous ayez eu le temps de réfléchir.
Cela compte plus qu’il n’y paraît, car ce que vous ressentez est une vraie donnée. C’est précisément ce que le score cherche à estimer. Dès que votre évaluation est teintée par le score, les deux ne peuvent plus être comparées — et toute question du type « ce chiffre correspond-il vraiment à mon vécu ? » devient, sans qu’on s’en aperçoive, impossible à trancher.
Vitra propose maintenant un mode optionnel qui renverse la matinée. Vous ouvrez l’application et les scores et conseils du jour restent masqués jusqu’à ce que vous ayez évalué deux choses : votre humeur et votre énergie. Évaluez-les, et tout se débloque.
C’est une petite inversion au but précis. Une évaluation donnée avant d’avoir vu le chiffre est non contaminée : elle reflète votre corps et rien d’autre. C’est cette seule propriété qui rend possible tout ce qui suit. Le mode est désactivé par défaut ; vous l’activez dans Réglages → Conseils.
Après deux semaines d’évaluations à l’aveugle, Vitra dispose de deux lectures indépendantes de chaque journée : ce que votre bague a mesuré et ce que vous avez ressenti. Il les compare et vous montre à quel point elles se suivent — et à quelle fréquence elles pointent dans des directions opposées.
La réponse diffère vraiment d’une personne à l’autre. Chez certains, la disponibilité suit de près le vécu, et le score est alors un raccourci utile. Chez d’autres, elle ne suit presque pas : des journées bien notées où l’on traîne, des journées mal notées où l’on se sent vif. Cela vaut la peine de le savoir avant de planifier une semaine autour d’un chiffre, et c’est une chose qu’un score ne pourra jamais vous dire sur lui-même.
C’est aussi la réponse honnête à une inquiétude que beaucoup ont vis-à-vis des objets connectés. Les chercheurs du sommeil ont un nom pour cette attention anxieuse et contre-productive aux données du traceur — l’orthosomnie — où la poursuite du chiffre finit par vous coûter ce qu’il mesure. Savoir que votre score ne suit que vaguement ce que vous ressentez est une bonne raison de le prendre avec plus de légèreté.
Tant que le point du matin est en attente, Vitra se met vraiment en retrait. Les scores de la barre de menus restent vides et les alertes patientent, afin qu’une notification ne gâche pas la réponse avant que vous la donniez. Votre résumé du matin devient l’invitation à faire le point, plutôt qu’un récapitulatif qui le devance.
Ce que vous ressentez fait partie des données les plus personnelles qui soient, et c’est traité comme tel. Vos évaluations et la comparaison entre le ressenti et le mesuré ne vivent que sur votre ordinateur : jamais envoyées, jamais partagées. Vitra lit vos données Oura, les stocke dans une base locale sur votre machine et calcule tout à partir de règles issues de la recherche publiée et de vos propres références glissantes.
Ceci est une information éducative générale, pas un avis médical. Si quelque chose concernant votre santé vous inquiète, gardez votre équipe soignante dans la boucle.
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